
résine amère
Myrrhe
Myrrhe
résine amère
La myrrhe est la résine d’un arbuste épineux des terres sèches. On la brûle comme encens depuis des milliers d’années.
- Molécules
- Furanosesquiterpènes
- D’où elle vient
- Résine de Commiphora myrrha
- Origine
- Corne de l’Afrique et sud de l’Arabie
- S’obtient
- Huile essentielle, résinoïde ou absolue de la gomme-résine
- Ce qu’elle contient
- De la gomme, soluble dans l’eau ; de la résine et de l’huile essentielle
À quoi sent la myrrhe ?
Balsamique, chaude et amère, avec un fond terreux et un peu médicinal. Elle est moins douce et moins citronnée que l’encens, et plus sombre.
Une résine amère, plus sombre que l’encens.
Pourquoi sent-elle ainsi ?
Quand on entaille l’écorce, l’arbuste (Commiphora myrrha) laisse couler un liquide qui durcit en larmes rougeâtres. Ces larmes mêlent de la gomme, de la résine et une huile essentielle, qui est la part odorante. L’odeur est dominée par des sesquiterpènes porteurs d’un cycle furane, surtout le furanoeudesma-1,3-diène, différents de ceux qui donnent leur odeur à d’autres résines.
Les molécules
Son huile est pleine de sesquiterpènes à cycle furane. Deux d’entre eux, mélangés, sentent déjà la myrrhe.
L’un des plus abondants de l’huile. Avec le lindestrène, il donne l’odeur typique de la myrrhe.
L’autre moitié de cette odeur typique.
Pour le sentir vous-même
Mouillez le bout de vos doigts et frottez une larme de myrrhe : elle devient vite collante. C’est la gomme, qui se dissout dans l’eau. Ce qui sent, c’est l’huile qui l’accompagne : sentez vos doigts.
Le mot
Myrrhe vient du latin myrrha, qui désignait à la fois l’arbrisseau et la gomme odorante, emprunté au grec mýrra, lui-même d’origine sémitique, d’une racine qui veut dire « amer ». Le français a le mot depuis ses premiers textes : vers 1100, on lit déjà mirre. Le TLFi la définit comme une « gomme résine aromatique exsudant du tronc de certains arbres d’Asie et d’Afrique ». Et furanoeudesmadiène se lit par morceaux : un cycle furane posé sur le squelette d’un eudesmane, avec deux doubles liaisons.
En parfumerie
Les parfumeurs l’emploient en huile essentielle, en résinoïde ou en absolue. L’huile s’obtient en distillant la gomme-résine broyée ; dans une analyse, le rendement a été de 3 %. Son odeur est balsamique et lourde. Aucun de ses composants principaux ne figure sur la liste européenne des allergènes.
Le saviez-vous ?
En 1996, Nature a publié que le furanoeudesma-1,3-diène, l’une des molécules odorantes de la myrrhe, est aussi analgésique. Les Égyptiens s’en servaient pour embaumer, et l’Évangile selon Marc raconte qu’on offrit à Jésus du vin mêlé de myrrhe avant de le crucifier.
Voir aussi : Ambre, Résine de pin.
Sources
- Hanuš, L. O.; Řezanka, T.; Dembitsky, V. M.; Moussaieff, A. « Myrrh – Commiphora chemistry ». Biomedical Papers 149(1), 3–28 (2005). doi:10.5507/bp.2005.001
- Dolara, P.; Luceri, C.; Ghelardini, C.; Monserrat, C.; Aiolli, S.; Luceri, F. et al. « Analgesic effects of myrrh ». Nature 379, 29 (1996). doi:10.1038/379029a0
- Règlement (UE) 2023/1545 de la Commission du 26 juillet 2023 modifiant le règlement (CE) n° 1223/2009 en ce qui concerne l’étiquetage des substances parfumantes allergènes dans les produits cosmétiques. Journal officiel de l’Union européenne L 188 (27 juillet 2023), annexe III.
- Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL), Trésor de la langue française informatisé, s. v. « myrrhe ».
Planche : arbre à myrrhe (Commiphora myrrha, sous le nom de Balsamodendron myrrha). F. E. Köhler, Köhler’s Medizinal-Pflanzen, 1890.