Gentiane (Gentiana lutea)

Gentiana lutea

Gentiane

Gentiane

Gentiana lutea

Une plante de patience : elle peut mettre dix ans à fleurir et vivre plusieurs décennies. Quand elle fleurit, elle dresse une tige de plus d’un mètre, entourée d’étages de fleurs jaunes.

Famille
Gentianacées
Altitude
1 000 – 2 300 m
Floraison
Juin – août
Habitat
Prairies et pâturages de montagne
Partie utilisée
La racine, qui peut dépasser le mètre et peser 7 kg à l’état frais
Essence
À peine 0,1–0,2 % de la racine
Quand elle est le plus amère
Au printemps ; en juillet, la racine s’enrichit en sucres

Cueillette réglementée. Ne pas confondre avec le vératre (toxique).

À quoi sent la gentiane ?

La racine ne sent presque rien : son affaire, c’est le goût. Elle est parmi les plus amères que l’on connaisse, et c’est pourquoi elle donne leur caractère à des liqueurs et à des apéritifs traditionnels de montagne.

Comment reconnaître la gentiane ?

Grandes feuilles opposées, aux nervures parallèles très marquées. Fleurs jaunes en étoile, groupées en verticilles le long de la tige.

Les molécules

Aucune des deux ne sent. La gentiane se définit par l’amertume et par le jaune de sa racine. L’amertume se mesure par dilution : l’indice dit dans combien de parties d’eau on perçoit encore une partie de la substance.

Fig. 1Gentiopicrosidesécoiridoïde lié à un glucose

Le composé amer le plus abondant de la racine. Indice d’amertume : 12 000, autrement dit un gramme rend amers douze litres d’eau. L’amarogentine, présente en bien plus faible quantité, atteint 58 millions : c’est la substance la plus amère que l’on connaisse.

Fig. 2Gentisine1,7-dihydroxy-3-méthoxyxanthén-9-one

Une xanthone. Avec ses parentes, elle donne à la racine sa couleur jaune.

Pour le sentir vous-même

Les herboristeries vendent de la racine de gentiane séchée. Cassez-en un morceau et sentez la cassure : l’odeur est ténue, et la Pharmacopée européenne ne se risque qu’à la dire « caractéristique ». Pline, il y a près de deux mille ans, la tenait pour inodore.

Le mot

Gentiane est emprunté au latin gentiana. Pline l’Ancien raconte que la plante fut découverte par Gentius, roi d’Illyrie, et le nom en garde le souvenir. Pline écrivait que sa racine était sine odore, sans odeur ; le dictionnaire d’aujourd’hui la décrit comme une plante « à suc amer », sans rien dire de son odeur.

Le saviez-vous ?

On la confond avec le vératre, qui est très toxique. La différence est dans les feuilles : la gentiane les a opposées par paires ; le vératre, alternes.

Voir aussi : Arnica, Terre mouillée.

Sources
  1. European Medicines Agency, HMPC. Assessment report on Gentiana lutea L., radix. Rev. 1, EMA/HMPC/607863/2017 (2018).
  2. Pharmacopée européenne, méthode 2.8.15, « Bitterness value », reproduite dans British Pharmacopoeia 2010, vol. IV, annexe XI N.
  3. Pline l’Ancien, Naturalis historia XXV, 34. Éd. K. F. T. Mayhoff, Teubner, Leipzig (1906) ; trad. anglaise de J. Bostock et H. T. Riley (1855). Perseus Digital Library.
  4. Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL), Trésor de la langue française informatisé, s. v. « gentiane ».

Planche : O. W. Thomé, Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz, 1885.