Arnica (Arnica montana)

Arnica montana

Arnica

Arnica

Arnica montana

Au milieu de l’été, les prairies d’altitude s’allument de jaune. L’arnica est l’une de ces fleurs : grande, un peu échevelée, avec un parfum herbacé qu’on perçoit en l’effleurant.

Famille
Astéracées
Altitude
1 400 – 2 400 m
Floraison
Juin – août
Habitat
Prairies de montagne sur sol acide
Essence
De 0,2 à 0,35 % de la fleur
Ce qui la définit
Des lactones sesquiterpéniques, comme l’hélénaline

Espèce protégée ou réglementée dans plusieurs régions. Ne pas cueillir.

À quoi sent l’arnica ?

Herbacé et vert, avec un fond chaud.

Comment reconnaître l’arnica ?

Rosette de feuilles ovales plaquées au sol et une tige portant une ou deux paires de feuilles opposées. Fleurs de 5 à 8 cm, jaune orangé, aux ligules terminées par de petites dents.

Les molécules

La fleur contient peu d’essence, et un sesquiterpène vient en tête : le β-caryophyllène. La racine en a une autre : la moitié en est un parent du thymol. Et ce qui définit la plante n’est pas une odeur, mais l’hélénaline. Les chiffres viennent d’arnicas cultivées en Pologne.

Fig. 1β-caryophyllène(1R,4E,9S)-4,11,11-triméthyl-8-méthylidènebicyclo[7.2.0]undéc-4-ène

Bois et épice. Autour de 16 % de l’essence de la fleur.

Fig. 22,5-diméthoxy-p-cymène1,4-diméthoxy-2-méthyl-5-(propan-2-yl)benzène

La moitié de l’essence de la racine. C’est l’éther diméthylique de la thymohydroquinone, de la famille du thymol.

Fig. 3Hélénalinelactone sesquiterpénique de type hélénanolide

Elle ne sent rien : elle est amère. Avec ses esters, c’est le principal principe actif de l’arnica, et aussi la cause de son risque d’allergie de contact.

Pour le sentir vous-même

Si vous la trouvez dans une prairie, penchez-vous et sentez-la sans l’arracher : sa cueillette est réglementée. Et ne la frottez pas sur la peau, car ses lactones peuvent provoquer une allergie de contact.

Le mot

Arnica vient du latin botanique arnica, sans doute une altération du grec ptarmikḗ, la plante dont les fleurs « font éternuer ». Le dictionnaire prête d’ailleurs à ses fleurs une propriété sternutatoire, et lui connaît un nom populaire : tabac des Vosges.

En parfumerie

Avec la fleur d’arnica, on prépare des teintures : celle de la Pharmacopée européenne compte une partie de fleur pour dix d’alcool à 60–70 degrés. La fleur ibérique a sa propre chimie : dans les arnicas d’Europe centrale et orientale dominent les esters d’hélénaline ; dans celles de la péninsule Ibérique, presque uniquement ceux de la 11α,13-dihydrohélénaline. On a proposé de séparer les arnicas ibériques en une sous-espèce, atlantica.

Le saviez-vous ?

Sa cueillette est réglementée dans de nombreuses régions de montagne, parce qu’on l’a trop arrachée. Nous la regardons, nous ne la cueillons pas.

Voir aussi : Gentiane, Camomille.

Sources
  1. European Medicines Agency, HMPC. Assessment report on Arnica montana L., flos. EMA/HMPC/198794/2012 (2014).
  2. Schmidt, T. J. « Arnica montana L.: doesn’t origin matter? ». Plants 12(20), 3532 (2023). doi:10.3390/plants12203532
  3. Sugier, P. et al. « Effect of different Arnica montana L. plant parts on the essential oil composition, antimicrobial activity, and synergistic interactions with antibiotics ». Molecules 30(18), 3812 (2025). doi:10.3390/molecules30183812
  4. National Center for Biotechnology Information. PubChem Compound Summary, rubriques « Odor », « Taste » et « Odor Threshold » (données de la Hazardous Substances Data Bank), CID 23205 (hélénaline).
  5. Acree, T.; Arn, H. Flavornet and human odor space. Datu Inc. / Cornell University, flavornet.org (2004) : descripteurs d’odeur par molécule.
  6. Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL), Trésor de la langue française informatisé, s. v. « arnica ».

Planche : O. W. Thomé, Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz, 1885.