Genévrier (Juniperus communis)

Juniperus communis

Genévrier

Genévrier

Juniperus communis

Un arbuste discret et tenace. Dans les vallées, il pousse droit ; sur les sommets, il se plaque au sol pour échapper au vent. Ses fruits bleutés mettent des années à mûrir.

Famille
Cupressacées
Altitude
800 – 2 600 m
Floraison
Fleurs en avril – juin · fruits mûrs la deuxième ou la troisième année
Habitat
Landes d’altitude, clairières de pinède
Obtention
Huile essentielle, distillée à la vapeur des galbules mûrs non fermentés
Essence
Jusqu’à 3 % du galbule

À quoi sent le genévrier ?

Frais, résineux et légèrement poivré. C’est l’odeur qui donne son caractère au gin.

Comment reconnaître le genévrier ?

Feuilles en aiguille, piquantes, groupées par trois et marquées d’une bande blanche sur le dessus. Les fruits, appelés galbules, passent du vert au noir bleuté couvert d’une pruine claire.

Les molécules

Plus de la moitié de l’essence est faite de monoterpènes. La part de chacun change beaucoup d’une origine à l’autre ; les chiffres sont les fourchettes retenues par l’Agence européenne des médicaments.

Fig. 1α-pinène2,6,6-triméthylbicyclo[3.1.1]hept-2-ène

Le coup résineux, de pin. De 24 à 55 % de l’essence.

Fig. 2Myrcène7-méthyl-3-méthylidèneocta-1,6-diène

Balsamique et un peu épicé. De 7 à 22 %.

Fig. 3Sabinène4-méthylidène-1-(propan-2-yl)bicyclo[3.1.0]hexane

Poivre et bois. De 1 à 29 %, selon la provenance du genévrier.

Pour le sentir vous-même

Achetez des baies de genièvre au rayon des épices, écrasez-en une du plat d’un couteau et sentez-la ; sentez ensuite un verre de gin. Vous reconnaîtrez l’air de famille : d’abord le coup de pin de l’α-pinène, puis, derrière, une pointe de poivre et de bois, celle du sabinène.

Le mot

Genièvre vient du latin juniperus, « genévrier » ; dès la fin du XIᵉ siècle, le mot désigne l’arbuste, puis sa baie. Genévrier en est dérivé. Le gin aussi en descend : l’anglais gin abrège geneva, nom d’une boisson hollandaise, emprunté au néerlandais genever, parent de l’ancien français genevre. Par le mot, boire du gin, c’est boire du genièvre. Le cade, autre genévrier, porte un nom provençal. Sabinène rappelle la sabine, un genévrier qui abondait au pays des Sabins, et myrcène, l’essence de myrcia.

En parfumerie

L’huile de genièvre se distille à la vapeur des galbules mûrs. On l’a falsifiée en la coupant de térébenthine, au point que l’Agence européenne des médicaments se demande si la mauvaise réputation de cette huile pour les reins ne vient pas de ces falsifications. Un détail de la liste européenne des allergènes : le genévrier qu’elle nomme est Juniperus virginiana, celui des « huiles de cèdre » ; le genévrier commun n’y figure pas sous son nom, mais son essence contient des molécules qui, elles, y sont.

Allergènes à déclarer dans l’UEPineneLimoneneTerpineolBeta-Caryophyllene

Le saviez-vous ?

Sur une même branche peuvent cohabiter des fruits verts et des fruits mûrs, car chacun a besoin de deux ou trois ans pour boucler son cycle.

Voir aussi : Pin à crochets, Résine de pin.

Sources
  1. European Medicines Agency, HMPC. Assessment report on Juniperus communis L., aetheroleum. EMA/HMPC/12401/2010 (2010).
  2. Acree, T.; Arn, H. Flavornet and human odor space. Datu Inc. / Cornell University, flavornet.org (2004) : descripteurs d’odeur par molécule.
  3. Règlement (UE) 2023/1545 de la Commission du 26 juillet 2023 modifiant le règlement (CE) n° 1223/2009 en ce qui concerne l’étiquetage des substances parfumantes allergènes dans les produits cosmétiques. Journal officiel de l’Union européenne L 188 (27 juillet 2023), annexe III.
  4. Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL), Trésor de la langue française informatisé, s. v. « genièvre », « genévrier », « gin », « cade » et « sabine ».
  5. Merriam-Webster.com Dictionary, s. v. « sabinene » et « myrcene ».

Planche : O. W. Thomé, Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz, 1885.